SANCTUAIRES ROMANS – PARTICULARITES REGIONALES DU SUD-OUEST

Chapelle romane de Glény (Corrèze) – © Michel Bentejac

L’art roman se développe de la fin du X° siècle à la fin du XII° siècle.

La charpente en bois disparaît au profit de la voûte en pierre, d’abord en berceau (plein cintre ou brisé) puis en arêtes.

Voûte en berceau-Larousse.fr

Le contexte historique.

L’époque romane est caractérisée par un retour à la paix après les temps troublés des invasions normandes et de l’an mil. Elle s’inscrit dans un spectaculaire essor démographique, économique, technique, agricole et culturel de tout l’Occident médiéval, qui se lance dans les pèlerinages et le culte des reliques. Pour gagner les faveurs de Dieu, et un certain prestige social, les seigneurs font don d’une partie de leurs richesses aux établissements religieux. Ainsi dotée de moyens financiers et soutenue par des établissements monastiques puissants tels Cluny et Citeaux, l’Église réaffirme sa puissance et son autorité par un nouvel art de bâtir et de décorer.

Abbatiale Ste FOY-le journaltoulousain.fr

 Du milieu du X° au milieu du XI°siècle.Les premières apparitions.

Les premières églises romanes sont généralement de petite taille comme par exemple Glény (Image à la une). Leur allure est compacte, leurs murs épais et leur décor assez sobre. Leur plan simple inspiré de la basilique se complexifie au fil du temps avec la naissance des travées. La charpente en bois est encore utilisée ou remplacée par un voûtement en pierre sur certaines parties seulement, en particulier les absides. La sculpture monumentale prend son essor, avec l’apparition des premiers chapiteaux historiés.

Chapiteau abbatiale de Conques

Prospérité du milieu du XI° au XII° siècle.

L’art roman atteint sa pleine maturité: la technique de voûtement est parfaitement maîtrisée. Les constructeurs montent les murs toujours plus haut et font entrer plus de lumière. L’aire de développement des sanctuaires romans correspond à celui des grands ordres religieux, qui multiplient les fondations dans toute l’Europe et jusqu’en Orient. Les routes de pèlerinage sont jalonnées d’établissements religieux de plus en plus monumentaux, destinés à accueillir des foules : ces édifices se dotent de plans complexes, avec de vastes chevets à déambulatoire et des chapelles rayonnantes. Le décor peint et sculpté est plus présent, faisant des constructions sacrées de véritables bibles de pierre.

Tympan église de Carennac (Lot)- © Michel Bentejac

Tympan de l’église de Carennac dans le Lot.

Milieu du XII°siècle, la décadence.

Le milieu du XII° siècle marque déjà un tournant dans l’art de bâtir: l’ordre cistercien développe un modèle très spécifique, centré sur le dépouillement, et l’art gothique commence à émerger en Île- de- France ( l’abbé Suger conçoit la basilique de Saint-Denis). Mais le style roman perdure encore très largement à travers la France au XIII°siècle, principalement en Auvergne et en Provence.

Nombre de constructions du Grand Sud-Ouest avaient l’allure d’églises- halles, avec des nefs doublées de collatéraux étroits de même hauteur, l’ensemble étant voûté de berceaux brisés. Dans le Périgord et le Quercy, plusieurs coupoles sont alignées sur le vaisseau central, à l’image de la cathédrale de Cahors ou Saint-Front de Périgueux .(ci-après)

Cathédrale St-Front de Périgueux.

 

A l’époque romane, l’intérieur des églises éblouissait par sa richesse : fresques, peintures, tentures, mosaïques, vitraux, marbres servaient d’écrin coloré aux précieux objets de la liturgie… Le symbole est partout : il s’inscrit dans l’architecture et le décor pour exprimer le mystère, transmettre l’indicible, relier le terrestre et le divin en une lettre accessible à chacun.

L’art du vitrail prend son essor à la période romane.

Vitrail église de Troncens(Gers) - sudouest.fr

 

 La couleur est partout. Les artistes peignent directement à l’eau sur l’enduit frais.

peintures romanes

Parfois au sol, des décors en galets ou des mosaïques d’inspiration diverses

 En ce temps de vénération extrême des reliques, les statues sont l’objet d’un culte très fervent.

Statuaire -Gisant en clé de voûte

Exemple ce gisant en clé de voûte de l’église St-Thomas de Canterburry de Mur de  Barrez dans le Carladez (Aveyron). Véritable mystère . Construction de la seconde moitié du XII° siècle.                                                                www.sudouest-artdevivre.fr/le-carladez-un charme fou

 Commanditaires et bâtisseurs:

Le Maître d’ouvrage. Décide de la construction du monument, en assure le financement, en définit le plan et le modèle. Il peut être un seigneur laïc, un évêque ou un abbé. Il prend en charge l’aspect artistique, décoratif et symbolique en collaborant avec les sculpteurs, les peintres, les verriers.

Le Maître d’œuvre. Choisi par le Maître d’ouvrage, il dirige le chantier. Ce personnage n’est pas un architecte tel qu’on le définira à partir du XII° siècle mais un homme de terrain, peut-être un maçon, un charpentier, un tailleur de pierre, dans tous les cas un artisan expérimenté qui connaît les règles de la géométrie.

Les ouvriers qualifiés. Maçons, charpentiers, menuisiers, tailleurs de pierre, forgerons, sans compter les manœuvres embauchés sur place tels les gâcheurs de chaux qui préparent le mortier, les porteurs d’eau, les manutentionnaires… L’architecture romane voit se développer de petites équipes d’ouvriers, parfois itinérants. Des ateliers de maçons et de tailleurs de pierre se forment autour des abbayes et monastères. Certains voient dans ces équipes les origines des sociétés de compagnonnage qui œuvreront plus tard à la construction des grandes cathédrales gothiques.

Bibliographie : Initiation à la symbolique romane. Marie-Madeleine Davy, Flammarion.

Guide de l’art roman. Paul Trilloux, éditions Dervy.

Mémento Gisserot de l’architecture romane. Jean-Marie Guillouët, éditions J.P. Gisserot.

 

Michel BENTEJAC.

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