Architecture & Immobilier Bandeau — 01 janvier 2014
PETIT PATRIMOINE : LES PIGEONNIERS.

Photo : cartesfrance.fr

GENERALITES

Pigeonniers et colombiers sont des témoins très importants de notre histoire régionale. Il n’y a pas de réelle différence entre les deux, colombier étant peut-être employé dans un contexte plus poétique, tout comme colombe l’est par rapport à pigeon, quand ce mot ne désigne pas expressément un pigeon blanc.

Au Moyen-âge, le pigeonnier a connu un fort développement lié au contexte économique. Source importante de revenus (viande et fiente de pigeon pour l’épandage).

La possession d’un pigeonnier est resté pendant des siècles un privilège, accordé à ceux qui détenaient beaucoup de terres, seigneurs et abbayes.

Symbole de pouvoir, le pigeonnier devait l’afficher par son architecture et sa décoration : les plus vastes pouvant mesurer jusqu’à 12 m de hauteur, sept de circonférence et contenir quatre mille nids.

En supprimant les privilèges, la Révolution accorda à tous le droit d’élever des pigeons : on vit alors fleurir des  » maisons à plumes  » aux architectures variées et moins solennelles.

De symbole du  pouvoir économique et social, le pigeonnier est devenu symbole de liberté. L’ère industrielle signera sa disparition.

Ces dernières années ont vu une heureuse prise de conscience de l’intérêt architectural et historique de ces bâtiments et de gros efforts de restauration ont été entrepris dans le cadre du petit patrimoine comme, fours, cazelles, escaliers.

Les pigeonniers étaient installés partout ou blé, lin, chanvre était cultivé, ces terres réclamant des engrais. Ils sont donc courants dans le Sud-ouest.

LES ANCETRES

Il est difficile de dater l’apparition des premiers colombiers. Ils étaient déjà connus dans l’antiquité, localisés sur le pourtour oriental du bassin Méditerranéen, avant d’essaimer en Europe.

LES RAISONS D’UN SUCCES

Plaisirs de bouche, engrais de choix, signe extérieur de richesse.

LES MATERIAUX varient selon les ressources de la région et s’apparentent à ceux déjà utilisés pour les autres bâtiments.

A l’extérieur.

La lucarne, seule ouverture qui laisse entrer l’air, la lumière et les pigeons.

La plage d’envol, située du côté opposé au vent dominant, est bâtie en saillie pour permettre aux oiseaux de se poser avant d’entrer dans le colombier ou de prendre leur envol.

Le larmier, souvent placé à mi-hauteur, ce bandeau de pierre court tout autour du bâtiment et des piliers de soutènement pour empêcher les prédateurs de grimper jusqu’à la lucarne.

Larmier

Photo: tourisme-en-lomagne.com

A l’intérieur.

Les murs sont recouverts de chaux pour refléter le peu de lumière qui passe par les rares ouvertures.

Les boulins, niches creusées dans le mur servent d’abri pour la ponte des oeufs. Un beau pigeonnier possède en moyenne de mille cinq cents à deux mille boulins.

boulins

Photo: chapiteaux.free.fr

Le sol destiné à recevoir la colombine peut-être carrelé dans le cas des plus beaux pigeonniers.

L’échelle, permet à l’exploitant de nettoyer les nids, de prélever les oeufs et les pigeonneaux.

Echelle

Photo: panoramio.com

Lorsque le rez-de-chaussée était occupé par les boulins il s’agissait d’un pigeonnier de château : seuls les possesseurs de fiefs et les seigneurs avaient le droit de posséder un pigeonnier de plein pied. C’est pourquoi on trouve dans le sud de nombreux pigeonniers sur piliers, qui ne sont pas concernés par la loi.

LES GRANDS TYPES

Le pigeonnier sur arcades

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Photo: pixelistes.com

Le pigeonnier tour

Tour Lalbenque

Photo : cartesfrance.fr

Le pied de mulet

pied de mulet

Photo : alaingillodes.fr

Le pigeonnier porche

porche

Photo: pigeonniers82.over-blog.com

Le pigeonnier sur piliers ou sur colonnes.

Pigeonnier_pilotis-_La_Caussade_Georges-_1993

Photo: patrimoinemonflanquin.free.fr

VOYAGEUR et MESSAGER

A l’origine de nos pigeons voyageurs, le biset, ancêtre de tous les pigeons domestiques, et le pigeon « volant », oiseau migrateur.

L’homme s’est attaché très tôt à le domestiquer et à utiliser ses étonnantes capacités d’orientation, qui en ont fait le messager idéal : A Rome on le teignait avant de  le lâcher pour annoncer aux propriétaires de chars le gagnant de la course.

La première mention de leur collaboration à l’art militaire remonte au siège de Modène par Marc-Antoine, en 43 avant J.C.

Ils ont été utilisés pendant les Croisades. Les corsaires de Saint-Malo les lâchaient d’une barque de reconnaissance pour signaler la présence d’un navire à prendre.

Ils se sont illustrés pendant le siège de Paris en 1870, en transportant des dépêches depuis TOURS, où était réfugié le gouvernement, jusqu’aux assiégés parisiens.

Gambetta avait requis le peine de mort contre quiconque tenterait de les tuer, tant ils étaient efficaces.

Pendant la seconde guerre mondiale les Allemands ont dressé des faucons pour les attraper en vol.Ils étaient utilisés par les Anglais et les résistants.

Aujourd’hui le pigeon voyageur transporte des produits à analyser pour certains hôpitaux: c’est le cas à Granville dans la Manche.

TOUT UN SYMBOLE

Il bénéficie d’une image très positive. Il s’apparente à l’amour, le terme « tourtereaux » ne désigne t’il pas des amoureux ?  Une image sans doute due à la douceur du comportement de ces oiseaux.

Seul point négatif le mot « pigeon » dèsigne dans le langage courant une personne qui peut-être dupée. La gentillesse et la douceur allant de pair avec une certaine naïveté.

 

Bibliographie : Détours en France.

 

Michel BENTEJAC.

 

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