Bandeau Rugby Sport & Loisirs — 04 octobre 2012
Ouvreur

Numéro 10, le demi d’ouverture aussi appelé ouvreur,

est par sa position sur le terrain le premier joueur des lignes arrière. Il forme avec le demi de mêlée, « la paire » ou « la charnière ». Ensemble, ces deux joueurs constituent le point d’articulation entre les avants et les arrières.

L’ouvreur est avant tout un décisionnaire.

En fonction de la défense adverse et de la disponibilité de ses partenaires, il oriente stratégiquement le jeu : il distribue les ballons d’attaque, occupe le terrain par son jeu au pied, choisit le grand large ou l’affrontement. Il doit avoir l’esprit vif et savoir anticiper au quart de tour. Concrètement, quand il se retrouve balle en main, l’ouvreur a trois options devant lui : le jeu de passes avec les arrières, le défi physique individuel et le jeu au pied. Dans le premier cas de figure, c’est lui qui impulse le mouvement et donne le ton. Un pas de trop avant la passe et le partenaire reçoit le ballon en même temps qu’il se fait plaquer. Une hésitation au démarrage et les intervalles dans le camp opposé se bouchent comme autant de sens interdits. Le jeu au large, aussi excitant que périlleux, n’est rien sans un bon demi d’ouverture. Les plus grands savent manier la passe comme les chefs d’orchestre la baguette, lire la défense en un clin d’œil et sentir la confiance de leurs partenaires avant de lancer l’offensive.

La deuxième option consiste à provoquer la défense et tenter sa chance en solitaire, souvent quand l’équipe a besoin d’élan, mais que le chemin vers les ailes est trop encombré. Le demi d’ouverture part donc balle au poing percuter le premier rideau défensif, crocheter son vis-à-vis pour s’enfoncer dans le camp adverse et ainsi gagner quelques mètres précieux. Généralement mal taillé pour les combats de tranchée, il compte sur le soutien immédiat de ses avants.

Le jeu au pied est la dernière possibilité,sous des formes variées : la haute chandelle qui annonce le défi physique, les grandes diagonales qui sèment la panique sur les territoires reculés, le drop et enfin, le petits coups de patte, rasants ou par-dessus, destinés à récupérer le ballon dans le dos des défenseurs. Selon son éducation ou son physique, l’ouvreur jouera davantage avec ses mains ou ses godasses, avec sa tête ou ses épaules.

Au-delà de la technique, l’ouvreur doit avant tout avoir un certain tempérament. Dans la cour de l’école, il était sans doute le petit chef ! Légèrement content de lui, il aime prendre les rênes et imposer sa marque de fabrique. On ne peut pas le lui reprocher non plus, c’est le poste qui veut ça! Ses coéquipiers ne discutent pas ses décisions, et se mettent à son service sans broncher, sinon c’est tout le fonctionnement des lignes arrières qui flanche.

L’ouvreur doit savoir inspirer confiance par son autorité,

mais aussi sa générosité; grand distributeur de ballon, il fait briller ses partenaires et met le talent collectif en valeur.

 

Steve DACHARRY

 

 

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