Architecture & Immobilier Bandeau — 10 septembre 2012
Le Chaume .Couverture en développement durable
Seule église de France au toit de chaume (Lestards en Corrèze).

Dans des temps plus anciens, le matériau principal de couverture était le chaume. Le seigle semé en octobre était coupé en août de l’année suivante. La récolte à la faucille, le battage au fléau était particulièrement pénible. Battage fini, la plus belle paille était peignée avec un râteau en bois à longues dents.

Le banc à clues la recevait, gabarit fait de deux dents de bois plantées dans une planche, la gerbe comme enserrée dans une cassure entre deux montagnes était attachée par deux liens de paille pour former un clue.

Un toit de chaume était rarement refait en une seule fois sauf s’il recouvrait un nouveau bâtiment. La quantité importante de paille nécessaire, la durée de l’ouvrage, la dégradation très inégale des côtés d’un toit, la fragilité du faîtage et des arêtiers obligeaient régulièrement à des rénovations partielles.

D’ailleurs les anciens baux de fermage stipulaient qu’une partie de la couverture des bâtiments loués devait être restaurée chaque année.

Le chaumier n’était pas toujours professionnel.

Les temps étaient durs et souvent les habitants s’improvisaient  chaumiers par nécessité.

Le chaumier préparait son matériel, les clues liés en gerbes, les baguettes de noisetier, la grosse aiguille en bois, la planchette en bois avec d’un côté une poignée et de l’autre des rainures horizontales à gorges obliques.

La couverture ancienne a été préalablement déposée.

Gerbe

Sur le toit le chaumier prend les gerbes que  lui fait passer un aide. Il délie la paille et l’étale régulièrement sur la charpente. Il dispose une baguette de noisetier sur la paille, elle est piquée en partie dans le chaume déjà en place.

Le chaumier enfile dans l’aiguille un lien de paille (pour les plus pauvres) ou un fil de fer. IL plonge l’aiguille à travers la paille, au niveau de la baguette de noisetier, pour atteindre une latte de la charpente. En aveugle, il passe l’aiguille autour de la latte et il remonte le lien à la surface. Il retire le lien de l’aiguille et fait un nœud autour de la baguette .Le rang de chaume est alors retenu par la baguette qui est fixée à la charpente par des liens.

Planchette

A l’aide de la planchette le chaumier régularise l’extrémité du rang de paille mis en place. Il lui donne une pente et un grain uniformes qui permettront un bon écoulement de l’eau.

Outre la nécessité de l’entretien, le principal défaut était le risque d’incendie, dû à la foudre ou aux accidents.

Toit de chaume ancien

Aujourd’hui, on redécouvre les qualités, tant isolantes qu’esthétiques, de ces couvertures végétales, mais elles sont en roseau et leur mise en œuvre n’appartient plus aux techniques locales.

 

Michel BENTEJAC.

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Michel BENTEJAC

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