Bandeau Rugby — 28 septembre 2012
Ecrouler la mêlée

On compare souvent la mêlée à un édifice, voire, dans un accès de lyrisme à une cathédrale. C’est vrai qu’il s’y tient des messes basses…On est jamais à l’abri d’un défaut de construction : une poutre affaiblie, un support fissuré, une pierre angulaire mal orientée, et c’est toute la mêlée qui souffre et s’écroule.

Concrètement, le groupe des huit avants constitue la bâtisse, dont les fondations sont en première ligne. Un pilier (les numéros 1 et 3) trop penché vers l’avant, avec sa ligne d’épaule plus basse que son bassin, entraîne le reste des pousseurs vers le sol.

Voilà la mêlée qui broute l’herbe !

Et cela peut se payer cher, la première ligne effondrée recevant sur la tête le reste des étages.

Les deux packs d’avants entrent en mêlée comme deux béliers se foncent dessus. Le choc tellurique résonne jusqu’aux orteils du joueur de poupe.

L’épreuve est terrible !

Quand la puissance des deux groupes est déséquilibrée, le pack le plus faible, soumis à l’implacable et enivrante avancée du monstre adverse, est forcé de reculer, et pour ne pas finir écrasé contre le tableau d’affichage à l’autre bout du terrain, il s’écroule. Se déroule alors le spectacle impitoyable du pack le plus fort piétinant sans état d’âme les décombres de son adversaire décimé, pour aller planter l’invisible drapeau de la victoire humiliante.

Pour le groupe resté à terre, effondré, la blessure sera terrible. Il faudra un bon paquet de ciment pour colmater les fissures.

 

Steve DACHARRY

 

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