Art & Culture Bandeau — 03 mai 2015
DU PUITS AU LAVOIR

Photos: Michel Bentejac.

Au puits profond, la soif me  fait désirer cette eau. Le ciel s’y mire en son miroir.

Ce trou béant, source de vie, porte des enfers ?  Donne naissance à nombre de légendes et histoires fabuleuses qui ont toujours fasciné.

Parmi les herbes folles au milieu d’un joli jardin coloré de fleurs multicolores entouré d’arbres se tient un vieux puits ou la brume s’accroche en un fin liseré, la mousse s’y étend en verdâtre reflets.

Lieu ancestral, ce vieux puits de pierre figé par le temps est un de ceux qui font la mémoire des hommes. Un de ceux qui ont vu naître de nombreux  villageois. Ces eaux maternelles mémoire vivante, ventre nourricier , rient au doux soleil du printemps et murmurent  leurs secrets à l’automne finissant.

Nous écoutons  la chaîne frotter la paroi,  cette eau féconde y scelle parfois un rayon de soleil. Un murmure rieur s’échappe en notes cristallines pour conter avec délice le secret de ce lieu plein de symbole. Le sourire des fleurs, le regard des étoiles, la caresse du vent,  me transporte au vent des souvenirs  dans un songe ou j’ai vu refleurir sortant d’un vieux coffret  en une heure charmante, le rappel d’un passé  que le puits m’a offert.

Après avoir rêvé au bord du puits pour oublier  le temps, un coup d’oeil au passé.

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D’une source discrète, l’eau vagabonde abreuve un lavoir où chaque jour, où chaque soir viennent s’égayer  de jeunes lavandières. Au rythme des battoirs les langues vont bon train, autour des coteaux gris flamboyants de bruyères, leur linge s’empourpre à la lueur du soir. L’onde reflète les fronts des lavandières, toujours le verbe haut.

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Dans l’eau claire qui scintille à l’astre flamboyant, troublée par des draps mouillés  qui lui giflent la joue,  le soleil s’obscurcit entre les roseaux jaunes.

Le calme revenu sur  le lavoir engourdi, le ciel et le soleil s’y reposent, des reflets d’or y déposent leur dernier feu.

Dans la chute du jour, le bétail noir et blanc  aux sonnailles adoucies vient  boire longuement les eaux fraîches, tandis qu’un chêne figé parmi son troupeau d’arbres, semble un berger bienveillant.

 

Michel BENTEJAC.

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