Bandeau Rugby Sport & Loisirs — 11 juin 2012
Bouclier de Brennus

Chaque année, au printemps voire au début de l’été, l’équipe qui remporte la finale du championnat de France de rugby se voit remettre un trophée singulier : le Bouclier de Brennus. D’où vient cet objet mystérieux, on ne sait pas vraiment….

Est-ce lié à la victoire du grand Brennus, chef gaulois contre Rome dont l’arme fétiche était un bouclier ou bien à Charles Brennus, sculpteur graveur installé à Paris à la fin du XIXe siècle et qui découvrit le rugby?

Depuis 1892, devant une maigre assistance, le Bouclier de Brennus fut ainsi confié au capitaine du Stade Français vainqueur de la toute première finale. La tradition ne s’est jamais perdue et, comme le souhaitait Coubertin, son œuvre traversa le temps. Depuis maintenant plus d’un siècle, le club champion de France est systématiquement récompensé par ce trophée qu’il remet en jeu l’année suivante.

Soulever en triomphe ces douze kilos de bois et de cuivre est le rêve de tous les rugbymen, le nirvana absolu, la garantie d’apposer son nom sur la légende du sport français. Les scènes de liesse qui accompagnent l’arrivée du Bouclier dans la ville du club champion témoignent d’ailleurs de l’extraordinaire attachement des gens de l’Ovalie à ce précieux butin. Pendant des mois, il est ensuite exhibé, présenté, récupéré et mis à toutes les sauces. Les directeurs d’écoles demandent une dérogation pour l’exposer dans la cour de leur établissement, on lui fait faire la tournée des hospices pour remonter le moral des malades, les bars de chaque quartier organisent un apéro géant en son honneur, et les notables guettent les journalistes pour être surs d’apparaître au moins une fois en sa compagnie sur une photo dans la presse locale!

Depuis plus de cent dix ans, le Bouclier sillonne ainsi la France, fait escale dans les petits villages et les grandes villes, au gré du prestige des différents clubs. « La planche », comme l’appellent affectueusement les fins connaisseurs, se nourrit à chacune de ses haltes de la passion des gens de l’Ovalie, se charge d’histoires, s’abreuve de vin. La légende raconte que certains ont voulu par amour copuler sur son dos, que d’autres l’ont fait tomber à la mer, qu’il fut mille fois kidnappé et mille fois retrouvé! Vénéré sur tous les stades de l’hexagone, l’objet à l’étoffe des reliques sacrées. Beaucoup de sang, de larmes et de sueur furent versés en son nom.

Ce WE, l’équipe de  Toulouse vient de remporter son 19ème bouclier : record absolu !

Steve DACHARRY

 

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