Bandeau Rugby Sport & Loisirs — 17 avril 2013
Ailier

Il faut de tout pour faire un monde, et entres autres, de bonnes ailes pour le découvrir. Si le rugby invite les gaillards à défier l’adversaire, il a aussi besoin des rapides pour le contourner. De part et d’autre de la ligne arrière se tiennent donc les deux ailiers, les grands agiles de la guibole,

numéro 11 à gauche et 14 à droite.

Joueur de bout de chaîne, l’ailier est un finisseur. Il porte les espérances de tous ceux qui ont bataillé avant lui pour qu’il puisse poser la dernière pierre. Le ballon se transmet de main en main le long de la ligne arrière, il porte l’énergie de tout le groupe, il brûle d’être trop aimé, et voilà que, au bout d’une course folle, il arrive à l’aile. Après l’ailier, dans l’ordre logique, il n’y a plus personne. Être à l’extérieur doit donner des ailes! Vas-y! Vole! Emmène nous le plus loin possible….

Le plus souvent, l’ailier doit alors se confronter à un dernier vigile qui l’attend de pied ferme. Il faut déborder le troufion! Feintes de passe, bluff, biscouette, tout est bon. L’ailier regarde la sentinelle droit dans les yeux, et ses jambes n’en font qu’à leur tête. Il cadre, puis déborde, le défenseur reste en plan, un courant d’air vient de passer. Si, par hasard, ni la ruse ni la vitesse ne suffisent à ébranler l’adversaire, l’ailier doit sortit l’attirail du passage en force : raffut, rentre-dedans, percussion. Et quand rien  ne marche, alors il faut songer au repli, et compter sur le soutien d’un collègue dératé, qui viendra remédier à la solitude de l’ailier. On voit parfois l’ailier téméraire choisir le crochet intérieur : il fonce vers le défenseur, et au moment même où celui-ci se penche pour le plaquer, l’ailier en pleine course change d’axe, sur un seul appui, et évite le contact. Mais ce geste improbable se solde souvent par une chute, et la cavale espérée est, hélas, moins fréquente que l’entorse du genou.

On dit que pour être ailier, il faut avoir un grain. La ligne adverse est sa névrose! L’en-but est son obsession! L’ailier a dans la tête une géométrie de lignes blanches qui le hantent, fils rouges de son désir, tracés à la chaux, qui l’appellent et lui font tourner la tête. Allan Muhr, international brillant, dit un jour de l’ailier : « Il doit foncer sans se soucier de ce qui se passe derrière lui, et encore moins de ce qui se passe devant ». L’ailier est un homme à part qui n’a ni passé ni futur, qui défie l’espace-temps, qui vit dans un monde étroit comme un couloir, où il court, il court vers une ligne blanche.

Son rail de plaisir!

Selon qu’il est rapide ou puissant, l’ailier est surnommé « le TGV », comme Estève de Lavelanet qui enrhumait les défenses adverses et faisait éternuer de bonheur Roger Couderc, ou « l’autobus », comme Jonah Lomu.

La France a enfanté de plusieurs générations d’excellents ailiers, un style pour chacun : puissant, râblé, athlétique pour « Pipiou » allias Jean Dupuy, élégant, raffiné, instinctif pour le gentleman Vincent Clerc…..

De très beaux duels sont à observer lors d’un match de rugby :

Un duel d’ailiers fait lever de plaisir un stade entier!

 

Steve DACHARRY

 

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